Très chère Marquise de Bandole,
Comme il fait bon de vous lire! Dans vos mots semble caché le secret espoir de plaire aux gens des veilles contrées lointaines. Je dois vous avouer que ne comprends pas tout à fait vos inquiétudes langagières. Vous n’avez qu’à agir tout à fait naturellement, comme seule une dame de ce monde sait le faire.
Quand à la balourdise, n’ayez crainte car vous fréquenterez beaucoup de gens d’un rang inférieur au vôtre. Malheureusement, je dois vous révéler une cruelle vérité: ce sera vous qui aurez à endurer les balourdises des paysans de l’arrière Pays. Je sais que cela vous causera certaines contrariétés, tout comme à la Comtesse Charlotte d’ailleurs. À ce propos, cette dernière m’inquiète une peu. Est-ce vraiment bon de l’exposer à toutes ces vicissitudes? Avec ses problèmes de vessie j’aurais peur qu’elle ne se répande à la moindre anicroche.
Mais ce ne sont là que tergiversations puisque je vous reconnais un goût certain pour l’aventure. Lors de vos pérégrinations, surtout, assurez vous qu’on se prosterne à votre passage, exigez-le! Le respect est une chose que ces gens doivent apprendre. Et surtout, appliquez la leçon numéro un que je vous ai enseigné, celle qui est au dessus de tout : Pour vous élever, rabaissez!
Je n’en puis plus d’attendre la suite de votre périple… écrivez-moi vite et surtout, soyez courageuse!
Votre plus que dévouée, Bernadette, Comtesse de Soubirou.
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