Très chère comtesse Soubirou,
Nos préparatifs sont enfin terminés, mon marquis de mari a, plusieurs heures durant, plié, rangé, sous pesée, ensachée, empaquetée, nos quelques effets qui nous serviront au cours de notre expédition dans cette région que les glorieux Romains ont baptisée la Provence.
Notre fille, la charmante comtesse Charlotte, s’est faite toute belle pour son premier voyage. Espérons que sa vessie tiendra la route (ou plutôt le vol!).
J’espère être à la hauteur de notre réputation, mais je suis, comme toujours, dans le doute. Le jargon provençal, m’a-t-on dit, est plutôt complexe à comprendre, une langue bâtarde dérivée du vieux français, du latin et de l’italien, et ma difficulté légendaire à comprendre les langues étrangères étant ce quel est, j’ai peur de faire une balourdise.
C’est donc une Claudette courageuse, à la hauteur des attentes de sa maitresse, qui part dans quelques heures, heureuse d’abandonner les méandres de la vie quotidienne, pour retrouver cette contré rosé et fromagé, qui vous salut bien humblement.
Votre toujours dévoué, Claudette, marquise de Bandole
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