Lha20050204210833 1 OrYannick Lamarre
Édition du Devoir du vendredi 4 février 2005
Merci Mme Boileau de rappeler en éditorial que, derrière le projet de loi sur les mariages des couples de même sexe, il y a des êtres humains. Des hommes et des femmes. Des citoyens canadiens de toutes les classes, de toutes les couleurs.
J’attends avec mon conjoint le jour où nous ne serons plus des citoyens de second rang. J’attends le jour où nous aurons nous aussi le droit de s’asseoir à l’avant de l’autobus, comme ces Noirs qui ont milité, il n’y a pas si longtemps, pour devenir eux aussi des citoyens à part entière. Quand j’entends les politiciens parler de moi comme si j’étais une statistique, une anomalie, une sorte de citoyen exclu, j’en ai le frisson.
J’ai peur aussi. Peur d’entendre des choses blessantes. Peur que certains opposants à cette loi déforment ma réalité et ma vie à leur profit.
Je sais que je serai toujours dans une classe à part, qu’on me tolère. Je ne veux pas me battre pour faire comprendre ma réalité. Ce serait comme de demander à un homme de comprendre la vie d’une femme. On peut toujours imaginer, mais il faut vivre dans sa peau pour vraiment comprendre.
Je veux seulement que l’on respecte la personne que je suis. Je veux seulement que l’on respecte mon conjoint et la vie que je mène avec lui depuis plus de cinq ans. Je l’aime, c’est tout. Je veux le faire savoir au reste du monde. C’est simple à comprend